Explications de Frédérique Vaquer : « Le Domaine Vaquer est un domaine familial depuis 4 générations. Dans cette tradition familiale, je suis « la belle-fille de Bourgogne ». Le domaine a été acheté en 1912 par le grand-père de mon beau-père, qui avait également un commerce de « tartres et lies de vin ». L’année prochaine, nous fêterons donc les 100 ans du domaine! Le père de mon beau-père, Fernand Vaquer (et j’ajoute « 1er » car son fils s’appellera aussi Fernand) s’est occupé de la propriété de son épouse, mais aussi était internationnal de rugby et a été champion de France avec l’USAP plusieurs fois : la dernière fois en 1955 en tant qu’entraineur. Il était surnommé « le maréchal » et est encore très connu dans le département. Je mentionne ce fait comme un clin d’oeil, car dans le département, l’équipe de Perpignan a un énorme succès et le nom de « Fernand Vaquer » est immanquablement associé au rugby; mais pour vous c’est un détail qui n’a que peu d’importance au niveau du vin. Au niveau du domaine , « Fernand 1er » a replanté le vignoble à partir de 1947 avec mon beau père. Actuellement, le carignan des cuvées « Exception » et « Expression » en sont encore issus… Son fils « Fernand le second « , mon beau-père, a été un des premiers à commercialiser son vin en bouteille dans le Roussillon; le premier millésime date de 1968… nous avons encore quelques bouteilles « collection » de ces vieux vins et ils se goûtent encore de façon très surprenante. A l’époque, il était inscrit sur l’étiquette « Roussillon dels Aspres » et VDQS puisque l’appellation Côtes du Roussillon n’existait pas encore …voilà pourquoi quand l’appellation « Côtes du Roussillon-Les Aspres » est apparue en 2003, j’ai pris cela pour un joli clin d’œil ! La cuvée « Exception » a désormais cette appellation. Ensuite, Bernard, mon mari, a décidé de venir faire des études d’oenologie à Dijon, et c’est là que nous nous sommes rencontrés en 1985. Eh oui ! je suis bourguignonne… et oenologue, c’est peut être pour cela que l’on trouve parfois des notes qui « pinotent » dans mes vins rouges !!! Ce n’est pas moi qui le dit mais certains dégustateurs fort avertis… mais j’aime assez l’idée d’un « lien indéfinissable » car les millésimes antérieurs à mon arrivée avaient déjà cette particularité gustative. Nous avons repris le domaine en 1991 et depuis son décès après les vendanges 2001, je dirige le domaine. Mon beau-père est peu présent sur le domaine, avec surtout un rôle de « mémoire » ; ses conseils et observations sont précieux. »
Les 15 ha du Domaine sont situés à 200m d’altitude, au-dessous du lieu dit « Pla del Rey » site de la bataille historique dite du « boulou » en 1794… (on a retrouvé en labourant des morceaux de boulets de canon ou encore de baillonettes !!) et cette situation permet au vignoble de profiter de la Tramontane …ce vent sec qui « assainit » véritablement les vignes, évitant la prolifération de micro-organismes nuisibles sur le raisin.
Frédérique Vaquer : « J’ai choisi pour la vigne une culture que j’appelle « raisonnable » ! Avec une recherche là aussi d’équilibre naturel, en privilégiant labour, travail du sol et expression des cépages. Ma culture raisonnable est une culture traditionnelle la plus naturelle possible, sans revendication ou libellisation… pour l’instant. »
Frédérique Vaquer: “J’ai la volonté de vinifier des vins reflétant la finesse et l’élégance; le fruit et la structure; enfin des vins qui ressemblent à leur terroir et qui me ressemblent. Je n’aime pas la surmaturité ou la surextraction. C’est pour ces raisons que je privilégie en vinification pour les rouges les remontages doux aux pigeages et que la vendange est toujours totalement éraflée. Dans la mesure du possible, ce sont les levures présentes sur le raisin à la récolte qui assurent la fermentation alcoolique . De même, comme la vinification se fait en cuve ciment non détartrée, ce sont les bactéries lactiques du chai qui assurent la seconde fermentation dite « malo » ; je pense que la cuve ciment garde la « mémoire » du vin de l’année précédente… Pour l’élevage, selon les millésimes, il y a un peu de barriques d’un ou deux vins… rarement de la barrique neuve car je souhaite par l’élevage « ouvrir » le vin aromatiquement parlant et surtout pas le « boiser »… »